Remontée Infernale ! Final Opus

Publié le par africultureconsciente

Du 29/04 au 10/05

 

 

Agadir-Dakhla-Nouadhibou 022Étape 4 : On Sahara road !

 

18 heures.... Ça y est, c'est le départ !

A la grande surprise de Claire, on lui propose d'investir à elle seule la couchette où elle est tout à son aise. 2100 km de Sahara nous attend jusqu'à Tiznit. Juste après cent mètres, premier contrôle de police et premier billet glissé par la fenêtre. Une procédure qui se répétera tout au long du voyage ( au moins une vingtaine ). Du coup, pas de vérification de papiers et aucune fouille du véhicule. On aurait pu transporter des kilos de drogues ou des cadavres sans le moindre problème. Cette pratique de corruption est généralisée en Afrique, mais le voir de ses propres yeux laisse perplexe sur les aspirations de démocratie et de justice prônées par les gouvernements.

Autre exemple, au Mali, sur le trajet Bamako-Dakar, à chaque poste de police tout le monde descends du bus. Ceux qui n'ont pas la nationalité malienne doivent s'acquitter d'une taxe de 1000 cfa ( 1.50 euros, salaire minimum voir moyen d'une journée de travail), clairement illégale et obligatoire sous peine de gros ennuis. Et nous les toubabs... On ne nous demande rien... Ah non, on ne touche pas aux blancs !

A une moyenne de dix bus de 70 personnes par jour, nous avons vu des tiroirs remplis de billets.

Cette corruption, soit disant, dénoncée et combattue dans de beaux discours, est en réalité officieusement, complètement entretenue et généralisée à tous les échelons étatiques. Une belle hypocrisie ! adri 001

 

Voilà, petite parenthèse refermée et nous reprenons le fil du voyage.

Vers minuit, le chauffeur nous annonce un arrêt dodo dans une bicoque au milieu du désert,  à 180 degrés sous les étoiles. Un bon tajine avalé est nous nous recroquevillons sur une natte pour 4 heures de sommeil. Mais sans couvertures, le vent rentre dans la pièce et glace nos os. Bêtises, on a laissé nos duvets au fond de la cale du camion. En plus, deux femmes viennent se joindre à nous dans la nuit et Adri est invité à séjourner sur une natte, dehors. Et oui, on est encore en Mauritanie, pas de mixité !

 

A 5 heures ! Réveil des plus vifs : klaxonne à tout va de notre chauffeur ! C'est reparti et nous alternons avec Adri la place du chef. Adri s'endort confortablement dans ses rêves, pendant que Claire fixe la longue ligne droite où s'est installé un brouillard dense. Vision irréelle du désert, aucune visibilité à 50 mètres. Le temps nébuleux dure jusqu'à la frontière. Nous y passons moins de temps qu'à l'aller, c'est un réconfort après cette nuit capricieuse.

adri 002A la première station service marocaine, la configuration des places se métamorphose en boite à sardine. En effet, nous embarquons un deuxième chauffeur routier assez imposant. Trois devant et deux sur la couchette. Il n'est plus question d'étendre ses jambes.

Les kilomètres défilent, les bakchichs aussi, les minutes pause-pipi se font rares. Mais enfin la délivrance arrive. Vers deux heures du matin, Laayoune. Étape obligatoire pour changer de moyen de locomotion. Une brève nuit nous attends, car on nous signale que les bus pour Tiznit partent généralement tôt le matin ( 7 heures ).

 

Au petit matin, nos visages sont brumeux surtout celui d'Adri, assiégé par des bêtes chopés dans le camion. Son corps en est tout boursouflé. Motivés, nous prenons les devants et nous rendons à la gare. Merde ! On a omis notre règle d'or en Afrique : toujours vérifier les informations extérieures et les confirmer par différentes sources. Le premier bus n'est qu'à 15 heures... Nos visages finissent de se décomposer et nous nous traînons jusqu'au premier café de la rue.

 

"Il est 9h30, nous sommes le 30 avril.  Nous avons les yeux rougis par la fatigue. Nous errons comme des spectres dans un café de Laayoun, en plein Sahara occidental.  Il pleut : 8 heures à attendre le bus, ça laisse le temps d'écrire..."

 

Coup du sort de nos gris gris africain, vers 12 heures, on se rend compte qu'on a gagné une heure. Toujours ça de pris.... Enfin, on s'effondre dans e bus, pour les dix dernières heures de remontée. Nous posons l'ancre à minuit. Étant partis le jeudi à 18h, nous avons mis 56 heures pour rejoindre Tiznit, ville tant espérer. Celle-ci nous accueille à bras ouverts : l'hôtel est très sympa et en plus, nous avons le droit à un succulent dîner qui n'attendait que nous...

La nuit va être bonne et réparatrice. adri 012

 

Nous ouvrons les yeux sur un autre Maroc. Nos premières impressions sont étranges.... Des lampadaires éclairant une grande partie des villes, des trottoirs et routes policés et des epiceries où l'on trouve de tout. Est ce lui qui à vraiment changer ou le voyage, notre regard ?  

En tout cas, petite réimmersion "occidentale". Bien sur, c'est ce qu'on constate dans les villes.... Nous avons juste parcouru les ruelles de Tiznit et Essaouira. Nous attendons tonton Erwann pour un road trip véhiculé (cette fois) dans les monts de l'Anti-Atlas.

 

On vous raconte tout cela prochainement, peut être sous une autre plume, Inchallah !

Bien à vous,

On se rapproche tout doucement....

 

 

 

 

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Perrot 19/05/2011 22:32


I miss you! kiss


cousine anne 15/05/2011 15:09


On dit bien que les voyages forment la jeunesse...En voici un bel exemple. J'attends avec plaisir de vous revoir pour une étape a Lyon lors de votre remontée vers la hiaute, étape que je vous
promets gastronomique (et évidemment un peu alcoolisée). Et puis on a des trucs a se raconter depuis la médina de rabat en novembre. Pleins de bises. Anne


les vieux de la hiaute 14/05/2011 14:45


C'est un vrai chemin de croix au pays d'Allah!!!nous autres les vieux ,on n'aurait pas supporté autant de turpitudes.
bonne suite avec tonton Erwan.
Gros bisous


giz 13/05/2011 11:20


remontée épique en effet... c'est toujours bon pour l'acclimatation de faire étape au Maroc avant de retrouver la France !
Bon retour