Un autre regard

Publié le par africultureconsciente

Azul à vous, fidèles (ou non) lecteurs de ce blog,

 

ed 003Début de fin de voyage pour nos deux amis. L'occasion m'ait donné d'aller partager un bout de périple avec eux. Occasion saisie. Arrivée au Maroc, retrouvailles. Adrien et Claire ont la forme, immense plaisir de les retrouver en chair et en os.

 

Nos deux globe-trotters m'invitent à écrire un article sur le blog. Invitation acceptée. La question est alors de trouver quelque chose à vous raconter. Vous parler d'Adrien et Claire enlèverait tout suspens à vos futurs retrouvailles. Vous parlez de moi n'aurait que très peu d'intérêt. Après quelques instants de réflexion, et puisque nous sommes amenés à partager un moment ensemble, laissez moi vous raconter une histoire.

 

Prenons un personnage : Ed. Ed a besoin de souffler. Non pas que sa vie soit stressante ou trépidante, il sent juste qu'il a besoin d'aller faire un tour. Direction le Maroc où il rejoint deux amis, Miss Maggie et Oncle Picsou. Là-bas, ils voyagent tout d'abord dans les villes. Et ça bouge : marchands en tout genre, souks remplis de touristes, bruit constant, pollution omniprésente, mobylettes et vélos qui surgissent de n'importe où et n'importe quand, policiers aux allures patibulaires. Si le portrait a l'air un peu noir, la vérité est bien sur plus nuancée. Les "grandes" villes marocaines ont bien évidemment un charme indéniable. L'effervescence qui y règne leur procure un petit quelque chose de bien particulier et quelque peu unique. C'est là une évidence.

 

Mais Ed, ce n'est pas ce qu'il cherche. Ed, lui, il veut s'évader. Et malgré le charme certain des villes marocaines, celles-ci ne permettent pas l'évasion. Calquées sur le modèle européen, elles tendent à s'uniformiser et à perdre de leur splendeur. Certes, les médinas sont toujours aussi caractéristiques, le mode de vie reste typique, mais l'apparition des villes nouvelles, peut-être justifiée par un souci de développement (là n'est pas le débat), et la présence de trop nombreux touristes (qui ont complètement le droit d'être ici, là n'est pas mon propos), ne permettent pas à Ed de s'évader. DSC00409

 

Peu importe, Ed a de la ressource. Et deux amis qui commencent à connaitre le Maroc. Oncle Picsou y a en effet effectué plusieurs voyages, dont un récent avec Miss Maggie. Et ces deux là ont une idée pour qu'Ed puisse en prendre plein les yeux et se vider la tête. Ils ont même un petit conseil pour vous.

 

Prenez donc le temps d'aller faire un tour dans l'Anti Atlas, région sud ouest du Maroc. Vous pourrez alors prendre le temps d'aller dormir à Aït Mansour, dans une magnifique palmeraie coincée entre deux montagnes. Vous vous baladerez dans ce petit paradis perdu où la végétation au sol contraste littérallement avec les couleurs arides et la sécheresse des montagnes. Vous dormirez chez Messaoud, et Ed peut en témoigner : vous dormirez bien!! Pour repartir d'Aït Mansour, vous emprunterez une route où la beauté des montagnes et la profondeur des paysages vous laisseront sans voix.

Plus tard, vous pourrez aller vous balader aux gorges de Tilgil, près de Taliouine. Après avoir accèder au dernier village où la route est "goudronnée", vous marcherez quelques kilomètres à travers des paysages magnifiques, verdoyants et sauvages, pour enfin arriver au village de Tilgil et ses gorges où de très nombreuses grenouilles ont élu résidence. Si vous n'arrivez pas à échapper à l'orage, c'est trempés que vous pourrez redescendre de ces montagnes devenues roses par le changement de météo.

DSC00339S'il vous reste un peu de temps, c'est à Aït Ben Haddou que vous pourrez vous rendre afin d'admirer une très ancienne Kasbah plantée au milieu de....rien!! Ou plutôt si, plantée au milieu de montagnes et d'étendues aux allures de désert. Même si la grande fréquentation touristique ne vous permettra pas de profiter complètement du site, Aït Ben Haddou peut constituer une halte surprenante et inattendue, et peut participer à prolonger votre évasion. Vous pourrez ensuite profiter de la nouvelle piste goudronnée pour rejoindre la grande route entre Ouarzazate et Marakech. Et sur cette route sinueuse, vous vous émerveillerez encore de tous ces paysages si contrastés. 

 

Ed est content. Ses vacances se passent bien, et après des débuts difficiles, il a plutôt de la chance aux cartes. Ses amis l'emmènent dans des coins où il peut se ressourcer et ils admirent continuellement de superbes paysages. Tout va bien. Tout va si bien que c'est même Ed qui a un conseil pour vous maintenant.

 

Rendez vous à Taliouine. Prenez direction Askouen. Laissez vous guider par les 50 kilomètres d'ascension, de virages et de beauté. Imaginez un paysage coincé entre les High lands écosssais et la drôme provençale. Plongez vous dedans comme si les nuages étaient moltonnés. Vous pourrez tenter de rencontrer un apiculteur, vous entendrez les femmes chanter en travaillant dans les champs, vous devinerez des maisons incrustées dans la montagne. Vous ne pourrez qu'admirer l'alternance des couleurs, la fusion entre les champs verts et le rouge clair des montagnes. Vous croiserez un berger berbère, essayerez de deviner les villages au loin, et vous vous demanderez où cette immensité montagneuse peut bien s'arrêter. Et par dessus tout, Ed vous le garantit sur facture, vous pourrez vous évader. De la plus belle des manières possibles, par le simple constat que c'est quand la nature est préservée, imposante et brute, qu'elle est la plus belle. Un écrivain japonnais a écrit que "la souffrance de l'emprisonnement réside dans le fait que l'on ne peut, à aucun moment, s'évader de soi même". Etre dans ces montagnes vous procurera exactement la sensation contraire : vous vous sentirez libre et plein de force. Vous vous évaderez de vous, tout en vous sentant incroyablement vivant.

 

Le voyage se termine, et Ed doit rentrer à la maison, au pied d'autres montagnes. Avec le simple souvenir de ces merveilleux paysages, de cette terrible authenticité et la conviction qu'un jour, il y retournera. Quand il en aura envie, ou besoin.

 

Quant à Miss Maggie et Oncle Picsou, ils ont toujours la forme et se mettent sur le chemin du retour. Ils ont eux aussi une histoire à vous raconter, mais elle est bien plus longue.

 

Voilà, vous l'aurez compris, cet article m'aura permis de vous parler de cette région du Maroc que je ne connaissais pas, et j'espère avoir réveillé en vous un sentiment que vous connaissez sûrement déjà. Un grand merci à mes guides et à la voiture, qui a survécu au dur traitement qui lui a été infligé.

 

A bientôt,

 

Un invité

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Commenter cet article

Tom 23/05/2011 20:23


Bon si j'ai bien suivi on se voit très prochainement les poteaux. En même temps traînez pas trop car les cerises sont déjà bien mures dans la drôme... euh non,en fait prenez votre temps parceque
votre voyage, c'est pas tous les ans et les cerises, si (et les mecs bourrés dans les fêtes des villages aussi !)Bref à bientôt
Cette pensée spéciale car ce WE on a vu ZEP en concert à Comps (formation évolutive du MAP). On a pensé à toi Adri...Bises à vous les amis et l'accueil à Ste Jalle sera africain, croyez moi !
Toma


Miss Maggie et Oncle Picsou 23/05/2011 16:33


Merci Ed pour ce super article !!! Awesome ! Très beau témoignage coloré ! On aimerait y retourner...
As tu prévu ta prochaine évasion, peut être en Pologne...?
Merci en tout cas de ton energie qui nous a permis de vivre encore a fond les dernières semaines de notre voyage !
On se voit au bain thermale...


les vieux de la hiaute 18/05/2011 23:09


alors les routards ,trop fatigués pour écrire et vous devez recourir aux services d'un "nègre"??
Un vrai poète ce mystérieux ED !!!!!
Très bel article et superbes photos.
Alors ,on peut vous dire à bientôt?
Les moussaillons ont ré-embarqué aujourd'hui pour le trajet retour via st martin et les acores.
bisous